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L'histoire de Lanoraie

 

 
Les débuts amérindiens
 
Lanoraie, autrefois Agochonda, est construit sur un site des Wendats, tribu huronne appartenant à la grande famille iroquoiienne qui accueillit chaleureusement Jacques Cartier, en 1535.

 

Cette tribu laissa des poteries et autres vestiges dont ceux d'une maison longue. Un monument près de la rivière Saint-Joseph rappelle l'enlèvement en 1646 du père Jogues, massacré par la suite, au pays des Agniers (aujourd'hui l'État de New York).

 
Création d'Autray
 
En 1637, l'ingénieur-arpenteur et cartographe, Jean Bourdon, et Jacqueline Potel sa 1ère femme, reçoivent la partie EST d'Agochonda qu'ils nomment Autray et qu'ils donnent en héritage à Jacques, l'un de leur fils.

 

Quelque temps après, Charles Sevestre, maître-imprimeur et libraire, obtient la partie OUEST qui gardera un certain temps le nom de seigneurie d'Agochonda.

 

Malheureusement, Jacques Bourdon qui participe à la découverte du Mississipi avec La Salle, sera massacré par les Illinois. Denyse Sevestre, fille aînée de Charles Sevestre, et son époux Philippe Nepveu achètent la seigneurie d'Autray, tandis que Madeleine, sa soeur, par héritage et achat aux autres membres de sa famille, recevra la seigneurie d'Agochonda qui, à l'avenir, portera le nom de son mari, Louis de Niort de Lanoraie.

 

La seigneurie Lanoraie
 
Jean-Baptiste Nepveu, le fils de Denyse Sevestre, hérite en 1710 d'Autray et achète en 1717 la seigneurie de La Noraye, à son cousin Louis, 2e de nom, qui en avait hérité de sa mère Madeleine Sevestre.

 

Fondant les deux seigneuries dans une seule, tout en conservant le nom de Lanoraie, Jean-Baptiste Nepveu bâtit un manoir, des moulins et un haut-fourneau, dans la campagne; une église et un presbytère, au village. En récompense de ses services, le gouverneur double la seigneurie qui engloberait aujourd'hui toutes les municipalités du nord jusqu'à la rivière l'Assomption telles Saint-Thomas, Ste-Élisabeth, etc.

 

En 1772, Jean-François Nepveu, petit-fils de Jean-Baptiste, vend la seigneurie à l'Écossais James Cuthbert, déjà seigneur de Berthier qui la donne à son fils Ross. Jean-François se réserve 40 arpents dans Lanoraie et 40 arpents dans d'Autray dont la maison seigneuriale dans laquelle vivra son fils Ambroise.

 

La fondation des municipalités
 
Au 19e siècle, l'abolition des seigneuries entraîne la fondation des municipalités. Lanoraie est un des relais importants du "chemin du Roy". Coups de fouets, hennissements, cris et rires joyeux mettent de la vie chaque jour, pour un moment. Quand le postier change les chevaux ou les ferre à l'une des deux forges du village, on en profite pour casser la croûte. Le flâneur curieux qui veut demeurer quelques jours, peut observer les chantiers navals, les moulins, la fromagerie et s'acheter tout autant des vêtements que des biscuits dans le magasin général.

 

Bientôt, "La Dorchester", comme un jouet de géant, roule, fume, crachote sur ses rails et des voyageurs prennent parfois le temps de se dégourdir les jambes en marchant à côté des wagons qui vont joyeusement à travers bois, à partir de Joliette jusqu'au quai de Lanoraie où des voiliers déchargent animaux et marchandises. Un bateau à aubes amène, de Montréal, pèlerins et visiteurs. De ceux-ci, les plus avertis (ou les plus amoureux) loueront une calèche qui les promènera sur le chemin si poétique du P'tit Bois d'Autray qui passe à travers les champs à senteur de miel; on jette un coup d'oeil sympathique à la petite chapelle des trois prêtres Bonin dont l'ancêtre a forgé la croix de la 1ère église, au temps des Nepveu; aujourd'hui cette église se trouverait dans l'eau, tout au bout de la piscine, là où la pointe s'est écroulée entraînant cette partie du chemin du Roy.

 
Le Krach de 1928, les deux guerres mondiales, l'augmentation des camions qui ralentit le trafic fluvial et ferroviaire, diminuent la prospérité de Lanoraie. Ce ralentissement sera sauvé par la culture du tabac au chemin Saint-Henri.

 

Un peuple courageux
 
Les Lanorois, peuple courageux de navigateurs, de cultivateurs et de planteurs, ont donné des personnages importants à l'histoire artistique, littéraire, politique, religieuse et sportive du Québec. Ces personnages, je n'en énumérerai pas les noms car ils sont si nombreux que la crainte serait d'en oublier. Contentons-nous d'un seul pour les représenter, parce que son nom se promène même sous terre et est lu par des milliers de gens chaque jour à partir d'une station de métro. Vous avez compris qu'il s'agit d'Honoré Beaugrand qui nous fit honneur au Mexique et en France. Fondateur de "La Patrie" et maire de Montréal, il fut l'instigateur de plusieurs lois qui firent progresser la salubrité de cette ville. Il était né d'une des plus vieilles familles de Lanoraie: les Beaugrand-Champagne.

 

Forte de son passé historique, préoccupée de son présent, remplie de projets pour l'avenir, la population de Lanoraie est riche d'une jeunesse qui a créé un centre écologique unique, riche aussi d'entreprenants retraités, de joyeux vacanciers et de nouvelles familles, attirées par la réputaton d'une eau potable fraîche et pure et par la beauté d'un lieu qui respire l'air du large.

 
 
Lorraine Desjarlais
Citoyenne et membre
du comité de mise en valeur du patrimoine


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