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Historique

Les débuts amérindiens

En 1535, Cartier découvre à Lanoraie les «Iroquoiens du St-Laurent», tribu de la province «Maisouna» autour du Lac St-Pierre qui disparaîtra avant la fin du même siècle. Des fouilles révéleront des vestiges tels des objets associés à leur mode de vie et une maison longue dont la datation au radiocarbone situe son âge entre 1140 et 1400 de notre ère. Les poteries avec leurs décors imprimés dans l’argile portent la signature des lignées maternelles.

Au 17e siècle, les Iroquois sont en guerre contre les Français et leurs alliés. Ils rendent difficiles l’établissement des colons par leurs incursions constantes. Un monument près de la rivière Saint-Joseph rappelle leur présence dans la poursuite et l’enlèvement du père Jogues en 1646 à cet endroit.

La seigneurie Lanoraie

En 1637, l’ingénieur-arpenteur et cartographe, Jean Bourdon Dautray, et Jacqueline Potel sa première femme, reçoivent la partie EST de Lanoraie qu’ils nomment Dautray et qu’ils donnent en héritage à Jacques, l’un de leur fils.

Quelque temps après, Charles Sevestre, maître-imprimeur et libraire à Paris, mais commis-général de la Cie des Cent Associés en Nouvelle-France obtient  une seigneurie de deux lieues de front sur le fleuve St-laurent et de deux lieues de profondeur situé à l’OUEST de la seigneurie Dautray. Magdeleine Sevestre, fille de Charles, et Louis Niort de Lanoraye, mariés le 22 février 1672, seront les seigneurs de cette terre baptisée Lanoraye en 1700.
 
Cependant, c’est le fils de Denyse Sevestre (soeur aînée de Magdeleine) et de Philippe Nepveu, Jean-Baptiste Nepveu, qui achètera Dautray et Lanoraie pour en faire une seule seigneurie en 1717. 

Jean-Baptiste Nepveu bâtit un manoir, des moulins et un haut-fourneau, dans la campagne; une église et un presbytère, au village. En récompense de ses services, le gouverneur double la seigneurie qui engloberait aujourd’hui toutes les municipalités du nord jusqu’à la rivière l’Assomption telles Saint-Thomas, Ste-Élisabeth, etc. en 1739.
 
En 1772, Jean-François Nepveu, petit-fils de Jean-Baptiste, vend la seigneurie à l’Écossais James Cuthbert, déjà seigneur de Berthier qui la donne à son fils Ross. Jean-François se réserve 40 arpents dans Lanoraie et 40 arpents dans d’Autray dont la maison seigneuriale dans laquelle vivra son fils Ambroise.

La fondation des municipalités

Au 19e siècle, l’abolition des seigneuries entraîne la fondation des municipalités. Lanoraie est un des relais importants du "chemin du Roy". Coups de fouets, hennissements, cris et rires joyeux mettent de la vie chaque jour, pour un moment. Quand le postier change les chevaux ou les ferre à l’une des deux forges du village, on en profite pour casser la croûte. Le flâneur curieux qui veut demeurer quelques jours, peut observer les chantiers navals, les moulins, la fromagerie et s’acheter tout autant des vêtements que des biscuits dans le magasin général.

En 1849, "La Dorchester » du chemin à rails du Saint-Laurent et du village d’Industrie, comme un jouet de géant, roule, fume, crachote sur ses rails et des voyageurs prennent parfois le temps de se dégourdir les jambes en marchant à côté des wagons qui vont joyeusement à travers bois, à partir de Joliette jusqu’au quai de Lanoraie où des voiliers déchargent animaux et marchandises. Un bateau à aubes amène, de Montréal, pèlerins et visiteurs. De ceux-ci, les plus avertis (ou les plus amoureux) loueront une calèche qui les promènera sur le chemin si poétique du P’tit Bois d’Autray qui passe à travers les champs à senteur de miel; on jette un coup d’oeil sympathique à la petite chapelle des trois prêtres Bonin dont l’ancêtre a forgé la croix en 1752 de la 2e église, au temps des Nepveu. Cette église a été démolie et aujourd’hui elle se trouverait dans l’eau, tout au bout de la piscine, là où la pointe s’est écroulée entraînant cette partie du chemin du Roy.
 
Le Krach de 1928, les deux guerres mondiales et l’augmentation des camions qui ralentit le trafic fluvial et ferroviaire diminuent la prospérité de Lanoraie. Ce ralentissement sera sauvé par la culture du tabac au chemin Saint-Henri.

Un peuple courageux

Les Lanorois, peuple courageux de navigateurs, de cultivateurs et de planteurs, ont donné des personnages importants à l’histoire artistique, littéraire, politique, religieuse et sportive du Québec. Ces personnages, je n’en énumérerai pas les noms car ils sont si nombreux que la crainte serait d’en oublier. Contentons-nous d’un seul pour les représenter, parce que son nom se promène même sous terre et est lu par des milliers de gens chaque jour à partir d’une station de métro. Vous avez compris qu’il s’agit d’Honoré Beaugrand qui nous fit honneur au Mexique et en France. Fondateur de "La Patrie" et maire de Montréal, il fut l’instigateur de plusieurs lois qui firent progresser la salubrité de cette ville. Il était né d’une des plus vieilles familles de Lanoraie: les Beaugrand-Champagne.
 
Forte de son passé historique, préoccupée de son présent, remplie de projets pour l’avenir, la population de Lanoraie est riche d’une jeunesse qui a créé un centre écologique unique, riche aussi d’entreprenants retraités, de joyeux vacanciers et de nouvelles familles, attirées par de nombreuses industries de lieux patrimoniaux protégés et par la beauté de cette municipalité qui respire l’air du large.
 
 
Lorraine Desjarlais et Micheline St-Pierre
Société d’histoire de Lanoraie - 2015

 

Pour en savoir plus

Consultez la section Tourisme - Histoire de Lanoraie pour en apprendre encore plus sur l’histoire de Lanoraie. Vous y découvrirez, par la même occasion, les lieux et activités qui pourraient intéresser les passionnés d’histoire!

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